Quand la crise de colère éclate…
C’est un constat qui ressort très fort dans mes accompagnements : beaucoup de parents se sentent en grande difficulté face aux tempêtes émotionnelles de leurs enfants… et face aux leurs aussi.
Et c’est totalement compréhensible. Oooooh là, je t’arrête de suite, toi et ta culpabilité !
Quand la fatigue est là — pour toi, pour ton enfant — tout devient plus difficile.
La patience est à bout, le cerveau est saturé, et la moindre étincelle peut provoquer l’explosion digne d’un volcan cataclysmique💥.
Alors Ginette, posons les choses calmement.
La colère : un trop-plein d’émotions
La grande question qui revient souvent (et je parie que tu te l’es posée un milliard de fois 🤪) :
👉 Pourquoi mon enfant (et moi) avons autant de mal à gérer nos émotions ?
Alors déjà, le terme « gérer » est mal approprié. Car on a besoin de vivre nos émotions. Je parlerai plus d’auto-régulation des émotions…
On parle parfois d’« hypersensibilité ». face à ces réactions très fortes.
En réalité, l’émotivité de ton enfant entre en résonance avec ses spécificités. Et dans les moments de crise, tout est amplifié.
Alors Ginette, voici ce qui se joue souvent en coulisses ⤵️
📍 L’hypersensibilité agit comme une loupe émotionnelle : les émotions envahissent toutes ses pensées. Tout est intense, excessif, y compris la joie. Les hauts sont très hauts, les bas très bas… et c’est épuisant pour lui comme pour son entourage.
📍 Il ressent très fortement l’échec, l’abandon, l’inconnu, parfois même des angoisses existentielles.
📍 Sa lucidité et son intuition font de lui une vraie « antenne parabolique » : il perçoit ce que d’autres ne voient pas, ce qui peut générer des inquiétudes incomprises.
📍 Il a un besoin quasi vital de maîtriser son environnement : tout doit être clair, précis, prévisible.
📍 Un réflexe de Moro et de Paralysie par le Peur suractivés et exacerbés, et qui vont empêcher ton enfant à pouvoir auto-réguler ses émotions.
- 📍 Il a besoin de limites solides. Ses pensées n’ayant pas de frontières, un cadre sécurisant est essentiel pour contenir ses angoisses.
📍 Sa tolérance à la frustration est faible : une incompréhension, une interruption, une difficulté… et la colère peut exploser.
📍 Son sens aigu de la justice peut le faire hurler à la moindre injustice.
📍 Son empathie extrême le rend vulnérable : il absorbe les émotions des autres comme une éponge. Pour se protéger, il peut parfois se « blinder » — donnant l’impression d’être insensible, alors que ce n’est qu’une carapace.
📍 Enfin, l’hypersensibilité sensorielle (hyperesthésie) peut rendre le quotidien très compliqué : les sons, les lumières, les textures, les odeurs sont vécus de façon amplifiée, générant un stress intense et invisible.
Ok… mais comment l’aider concrètement pendant une crise de colère ?
Quand la crise est là, tu es souvent énervé·e, désemparé·e, parce que tu subis ce que vit ton enfant.
L’objectif n’est pas de tout contrôler, mais de redevenir actrice·eur de la situation, pas à pas. Oublie de chercher à lui parler quand il est en plein milieu de la tempête… Ça ne sert à rien. Le cerveau de ton enfant est en ébullition totale et il ne t’entend pas.
Voici quelques repères essentiels 👇
1️⃣ Identifier et nommer l’émotion (au bon moment)
Pendant la crise, c’est impossible.
Ton enfant est coupé du monde, son cerveau est en mode survie.
👉 Attends qu’il « redescende », qu’il puisse se reconnecter à toi et être à nouveau réceptif.
2️⃣ L’aider à évaluer l’intensité de son émotion
Mettre une échelle, une image, un chiffre permet de reprendre du contrôle sur ce qui a débordé.
3️⃣ Accueillir l’émotion sans la nier
Montre-lui qu’il a le droit de ressentir ce qu’il ressent, même si le comportement, lui, doit être cadré.
Attention, accueillir ne veut pas dire être tout permissif. Poser un cadre est absolument primordial pour apporter une sécurité intérieure à ton enfant.
« Tu as le droit d’être en colère. Tu n’as pas le droit de faire mal. »
4️⃣ Après coup, ne pas exiger des excuses pour l’émotion
La colère n’est pas une faute.
👉 En revanche, on peut demander réparation pour ce qui a été cassé ou abîmé en l’exprimant.
5️⃣ Identifier le besoin caché derrière la crise
Une fois l’émotion passée, aide-le à mettre des mots sur son besoin immédiat :
besoin d’être seul
besoin de réconfort
besoin de sécurité
besoin de repos…
Pour t’aider, tu peux utiliser la fiche que j’emploie dans mes accompagnements, à télécharger gratuitement : Quel est mon besoin / mon sentiment ?
Et surtout… ne t'oublie pas toi !
Et oui, tous les professionnels vont s’occuper de ton enfant. Ok, super ! Mais on oublie un point super important qui représente le pilier, les fondations de tout ça : TOI !
Tu as le droit :
de ne pas y arriver,
d’être épuisé·e,
de perdre patience,
de passer le relais si tu n’as plus la force de gérer la crise à cet instant-là.
Prendre soin de toi, ce n’est pas abandonner ton enfant.
C’est aussi lui montrer que les émotions se régulent mieux à plusieurs. Et il a le droit de te voir pleurer quand tu craques… Alors arrête de pleurer en cachette dans ta salle de bain toute seule.
Mais je dirai surtout que tu peux (et tu dois !) t’entourer de personnes soutenantes, voir même d’une super communauté comme ici (Coucou les WonderParent 🤗).
Et après la crise ?
Ici, on a parlé de l’urgence.
Mais tu le sais : les crises peuvent prendre mille formes.
Tu te demandes peut-être :
Comment l’accompagner dans sa colère au quotidien ?
Comment l’aider face à ses peurs ?
Comment favoriser l’endormissement ?
Comment anticiper les crises plutôt que les subir ?
Le sujet est vaste, et une seule newsletter ou un seul article ne suffit pas.
Mais rassure-toi : on va continuer d’en parler, pas à pas, avec des outils concrets et applicables à la vraie vie de famille 💛.